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Suivi d’une grossesse normale

La grande majorité des grossesses est normale. Le suivi d’une grossesse normale peut être réalisé au départ par un médecin généraliste, un gynécologue médical, une sage-femme ou un gynécologue-obstétricien. A partir de 32-34 SA (Semaines d’Aménorrhée), il est ensuite nécessaire de voir en consultation les professionnels de la femme enceinte, la sage-femme ou le gynécologue-obstétricien.

Nous parlons volontiers en « Semaines d’aménorrhée » (SA) et non en « mois » pour être plus précis dans le terme de la grossesse. Les SA correspondent au nombre de semaines depuis la Date des Dernières Règles (DDR). La Date de début de grossesse (DG) correspond à 2 semaines après la DDR. Vous pouvez ainsi facilement vous y retrouver sur un simple calendrier.
La Date prévue d’Accouchement (DPA) correspond à la fin des 9 mois de grossesse, soit 41 SA.

Lors de votre consultation pour suivi de grossesse, votre praticien vous donne habituellement votre calendrier de grossesse, c’est à dire vos correspondances en SA avec le calendrier annuel.

Voici à peu près les examens à réaliser pendant toute votre grossesse. Ce planning permet de ne pas en oublier et de vous y retrouver.

  • Avant la grossesse : lors de l’exposition à la grossesse par des rapports sexuels non protégés, il est nécessaire de prendre de l’acide folique, vitamine B9, qui a prouvé son efficacité dans la diminution des malformations fœtales. Il est également intéressant de réaliser une consultation pré-conceptionnelle au cours de laquelle le praticien peut dépister des pathologies, faire le point sur la vaccination (et vacciner une patiente non immunisée pour la varicelle ou la rubéole), discuter d’un tabagisme, changer un traitement habituel qui pourrait être contre-indiqué pendant la grossesse.
  • Lors d’un retard de règles, vous pouvez réaliser un test urinaire pour confirmer la grossesse. Le test sanguin n’est pas obligatoire. Lors de la 1ère consultation, un bilan de début de grossesse est prescrit >>> groupe sanguin Rhésus, RAI, sérologies, glycémie à jeun, TSH (thyroïde)
    Il est alors nécessaire de réaliser un régime toxoplasmose (cf conseils) si non immunisée pour la toxoplasmose, un régime listéria ( cf conseils) et de continuer à prendre de l’acide folique jusqu’à 3 mois, ou bien un complément de grossesse qui en contient.
    Il est habituel de bénéficier d’une « échographie de datation », échographie habituellement réalisée par les voies naturelles pour localiser la grossesse, vérifier sa bonne évolution et le nombre de sacs gestationnels (singleton ou jumeaux).

Le suivi de grossesse est ensuite classiquement fait selon la rythmicité de 1 consultation par mois + les échographies obstétricales + les bilans biologiques.

  • Ainsi, Tous les mois :
    • sérologie toxoplasmose 1/mois si non immunisée
    • sérologie rubéole 1/mois si non immunisée
    • surveillance des urines (albumine et sucre) 1/mois
    • surveillance ECBU 1/mois si infections urinaires fréquentes (les femmes enceintes ne     ressentent pas forcément les symptômes de l’infection urinaire)
    • consultation médicale 1/mois
  • entre 11 SA et 13 SA +6j : échographie du 1er trimestre >>> mesure de la clarté nucale et définition de la date de début de grossesse qui sera déclarée ensuite à la CPAM.
  • prélèvement sanguin pour dépistage de la Trisomie 21 (marqueurs sériques maternels) >>> mêmes dates que l’échographie du 1er trimestre. Si vous désirez le faire. Consentement obligatoire. Présentez vous au laboratoire n’analyses médicales avec l’ordonnance + échographie T1 + papier de consentement. Résultats : 14 jours environ. Vous trouverez ici le document d’information destiné aux patientes de la Haute Autorité de Santé (HAS).
  • avant 16 SA: déclaration de grossesse, par télétransmission lors de votre consultation médicale, ou par papier à envoyer à la CPAM et à la CAF.
  • 4ème mois: Consultation psycho-sociale avec la sage-femme de votre choix.
  • 22-24 SA: échographie du 2ème trimestre >>>  dite « morphologique ». Elle permet de dépister des anomalies de morphologie du fœtus.
  • 24-28 SA: dépistage du diabète gestationnel si facteur de risque ( âge >35 ans, IMC>25, antécédent familial de diabète, échographie montrant un excès de liquide amniotique ou un foetus macrosome).
  • 28 SA : bilan sanguin avec la numération sanguine, l’hémostase.
  • 32 SA: vitamine D, 1ampoule 1 fois.
  • 32-34 SA: échographie du 3ème trimestre >>> dite « de croissance ».
  • après 34 SA: prélèvement vaginal pour la recherche du streptocoque B ( bactérie qui peut être présente dans le vagin, et qui nécessitera alors une antibiothérapie lors de la rupture de la poche des eaux ou de la mise en travail).
  • 35-36 SA: consultation d’anesthésie. L’inscription à la maternité se fera lors de la consultation d’anesthésie, auprès de la secrétaire.
    Se munir d’une pièce d’identité, carte vitale, carte de mutuelle.
  • 37-36 SA : bilan biologique pré-anesthésie. Non obligatoire mais conseillé.
  • 37 SA: début de la surveillance par sage-femme avec un monitoring par semaine. Non obligatoire mais conseillé.
  • 40 SA: consultation avec le gynécologue-obstétricien pour vérifier le bien-être de fin de grossesse et organiser le déclenchement du travail si pas d’accouchement.
  • 41 SA: surveillance terme par monitoring + échographie + examen clinique et toutes les 48h si pas d’accouchement.
    Déclenchement du travail en fonction des constatations. Vous pouvez trouver ici la fiche d’information du Collège national des gynécologues obstétriciens Français (CNGOF) sur le déclenchement du travail.

Cas particulier pour les femmes de rhésus négatif

Que savoir sur Allo-immunisation rhésique ?!!
Pour les femmes de rhésus négatif dont le père du bébé est de rhésus positif uniquement (implique de connaître le rhésus du père du bébé), il existe un risque de s’immuniser contre le rhésus positif du fœtus. Cette immunisation est néfaste pour les grossesses suivantes.

Le rhésus du foetus peut être connu par une prise de sang (génotype rhésique), remboursée par la sécurité sociale et mutuelle depuis 07/2017, réalisée après 11 SA. Une confirmation est réalisée 2 semaines plus tard et après 15 SA si le rhésus le foetal est négatif ou indéterminé sur le 1er prélèvement. Connaître le rhésus du foetus permet d’éviter les injections de RHOPHYLAC pour les patientes dont le foetus est rhésus négatif.

Prévention ciblée : il est proposé de réaliser une prévention ciblée en cas de saignement, coup dans le ventre, ou autre facteur de risque d’échange entre le sang maternel et le sang du fœtus.  Il est nécessaire de consulter rapidement (dans les moins de 72h) votre gynécologue qui  évaluera ce risque et vous proposera une prévention ciblée (RHOPHYLAC 200). Cette prévention est non obligatoire mais vivement conseillée.

 Prévention systématique : une prévention systématique couvrant le 3ème trimestre est proposée vers 28-29 SA (RHOPHYLAC 300) aux femmes de rhésus négatif dont le foetus est de rhésus positif ou indéterminé.  Il est nécessaire de réaliser une prise de sang pour recherche d’agglutinines irrégulières (RAI) avant l’injection pour s’assurer de l’absence d’allo-immunisation préalable. L’injection peut être faite par la sage-femme ou une infirmière après réception des RAI négatifs. Après cette injection, les RAI sont alors positivés, pas d’inquiétude.

Cas particulier pour les femmes ayant un utérus cicatriciel

Un antécédent de cicatrice utérine n’est pas une contre-indication absolue à un accouchement par les voies naturelles si vous le désirez. Toutefois, votre gynécologue-obstétricien évaluera avec vous cette possibilité et vous accompagnera dans votre souhait, s’il est réalisable.
Vous trouverez ici la fiche d’information du Collège national des gynécologues obstétriciens Français (CNGOF).
Si une césarienne programmée est indiquée, elle sera réalisée à partir de 39SA pour réduire le risque de détresse respiratoire du bébé à la naissance.
Si un accouchement par les voies naturelles est envisagé, il faut une mise en travail spontanée. Un déclenchement du travail ne s’envisage pas sur un utérus cicatriciel car il augmente le risque de rupture utérine. Par conséquent, en l’absence de mise en travail spontané, une césarienne sera réalisée à 41SA.

Rôle des sages-femmes

  • La première consultation chez une sage-femme de votre choix doit être prise au 4ème mois. Elle permettra d’avoir un premier contact, de dépister des facteurs psycho-sociaux de fragilité, d’organiser votre préparation à l’accouchement.
  • La préparation à l’accouchement s’organise sur 7 cours, pris en charge par l’assurance maladie. Sans prescription.
  • Une surveillance en fin de grossesse ou pour une pathologie particulière (avec monitoring, prise de pression artérielle, etc) peut également être prescrite par votre gynécologue-obstétricien.

Vie quotidienne et grossesse

SPORT : Pratique du sport recommandée! Attention toutefois aux sports avec possibilité de chute ou coup dans le ventre qui doivent être arrêtés après le 1er trimestre. Attention au risque d’entorse à cause de l’hyperlaxité ligamentaire de la femme enceinte. Modifiez votre activité et préférez des sports portés ou doux ( marche à pieds, natation, vélo). Vous trouverez ici les recommandations de la Haute Autorité de Santé à ce sujet.

TRAVAIL : Vous pouvez travailler toute votre grossesse. Voir les conventions salariales, il existe souvent 1h de moins par jour pour les femmes enceintes après 3 mois. Le congé maternité démarre 6 semaines avant le terme présumé de la grossesse. Il peut toutefois être repoussé de 3 semaines maximum avec l’accord du gynécologue-obstétricien. Il établira alors un certificat. Ce report de congés vous permettra d’en bénéficier après l’accouchement avec votre bébé.

ALIMENTATION : Zéro alcool. Zéro tabac si possible. Alimentation équilibrée en évitant au maximum les produits sucrés. Régime toxoplasmose pour les non immunisées. Régime listériose pour toutes. Régime diabétique pour les diabètes gestationnels.

PRISE DE POIDS HABITUELLE : 1kg par mois les 6 premiers mois, 2kg par mois les 3 derniers mois , soit 12kg au total. Cette prise de poids peut varier biensûr en fonction de votre IMC de base.

PRISE DE MEDICAMENTS : évitez de manière générale de prendre des médicaments sans l’avis de votre médecin traitant ou du gynécologue-obstétricien. Certains sont contre-indiqués ( anti-inflammatoires par exemple). Certains médicaments peuvent porter la mention « contre-indiqué » chez la femme enceinte et peuvent toutefois être autorisés ponctuellement. Votre médecin se réfèrera au centre de référence des agents tératogènes (CRAT) si nécessaire.

SOINS DENTAIRES : autorisés chez la femme enceinte. Un bilan dentaire est même recommandé, un courrier de l’assurance maladie vous sera adressé à cet effet après votre déclaration de grossesse.

VACCINATION CONTRE LA GRIPPE SAISONNIÈRE : recommandée chez la femme enceinte quel que soit le terme de la grossesse

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